mercredi 13 décembre 2017

La Nuit des Mères où Modra Necht



    Le Dictionnaire Celtique de Monard nous donnes : 
Uracia = Veilliée
Uracias = de Femme (où des femmes)
Donc Uracia Uracias = Veillée des femmes 

    Le Dictionnaire de Langue Gauloise de Delamarre nous donnes : 
Noux où Nox où Noxt = Nuit 
Noxtes = Nuits 
Matir = mère
Matres = mères
Donc Noxtes Matres = Nuits des mères


Résultats de recherche d'images pour « soleil d'hiver »



La Modra Necht arrive donc avant le Solstice d'hiver au moment le plus sombre de l'année. La Terre et la nature semble en repos complet sous le grand manteau de neige blanche qui s'installe. Tout semble calme et les rires et les chants des célébrations à venir se mêleront aux sifflements des grands vents hivernaux.  Cette année 2017, cette célébration de la dites Nuit des mères se tiendra entre le 13 au 18 décembre selon quelques obédiences druidiques; donc en lune descendante jusqu'à la nouvelle lune du 18 décembre 2017. 


Réjouissons-nous car bientôt nous saluerons la renaissance de la Lumière et du Soleil!

C'est après un temps sombre et incertain des temps de novembre que de longues nuits s'installent et que le monde semble engloutit par les forces des anti-dieux, les Uomoriis. La Nuit des mères suivie du Solstice d'hiver vient confirmer la fin de cette ''offensive'' qui semble interminable contre les puissances divines de la lumière, les Tùatha Dè Dànann. Ceci dit, pour le Chaudron de Gundestrup, ce moment de l'année correspond à la descente de la grande déesse-mère Rigani et de ses compagnons dans le royaume souterrains de Cernunnos. Celle-ci sera poursuivi par les chiens vengeur de Taranis... et ceux-ci serons vaincus par le champion du dieu Esus avec l'aide de Rigani.   


Cycle annuel
Cycle du Chaudron de Gundestrup
 - Mythes et dieux de la Gaule, t.1



Le premier constat à dire est qu'il existe que peu de sources sur la Modra Necht et pourtant il semble y avoir des traces d'une célébration à la fois de la renaissance de la lumière et d'une déesse mère en Europe. Cette fête n'est pas relevée par des spécialistes des traditions celtiques commFrançoise Le Roux et Christian-Joseph Guyonvarc'h. Au plus, ils traitent des dites lavandières de la nuit qui sont des femmes maudites... 













Sinon, M. B. Dupinay de Vorepierre dans son Dictionnaire français illustré et encyclopédie universelle associe cette fête à la cueillette du gui la 6e nuit de la nouvelle lune après le solstice d'hiver. Cette fête également correspondre aux 12 nuits du temps du solstice d'hiver. 


'' Le blé lève ! '' 

disent les bretons 



Sur le forum de Druuidiacto, il y a une discussion intéressante sur la Nuit des mères. Le Druide Auetos signale aussi l'absence de mention de la Nuit des mères dans les sources antiques et dans le Calendrier de Coligny... J'ai trouvé cependant ces mots d'Astio's à notre bénéfice probablement tirés de M. Régis Boyer : 


La fête nordique dite de la nuit des Mères est mentionnée par Bède le Vénérable (De temporum ratione, XIII) qui rapporte cette expres​sion(Modranith) comme désignant, aux temps païens, la veille de Noël. En première approximation, cette appellation atteste une influence celto-germanique irrécusable et renvoie au culte des Mères (Matres, Matrae, Matronae), qui, s'il ne paraît pas avoir été connu de la Scandinavie à proprement parler, a joui d'une popularité bien établie dans tout le reste de la Germania : tant en Allemagne continentale qu'en Frise, on a la preuve de l'existence de divinités féminines de la fertilité-fécondité, conçues d'abord comme donatrices. Modranith signifie en saxon "Nuit des Mères".

Il en découle que cette fête est une importation saxonne ou frisonne en Angleterre, réputée correspondante à la Jule nordique solsticiale.
(...)

A l'origine, la fête des mères nord-germaine, en toute logique devait fêter la fin de l'hiver et non le retour de la lumière, donc l'arrivée du printemps, ce qui explique que 40 jours avant la pleine lune qui suit l'équinoxe d'automne devait se tenir une festivité germaine approximativement égale à celle d'Imbolc. Je postule donc que cette fête de descendance frisonne et saxonne soit plus acceptable aux temps d'Imbolc qu'en solstice d'hiver, contrairement à ce que notre Vénérable nous rapporte. La proximité de ces peuples avec les celtes devrait renforcer l'idée du cousinage de cette fête avec Imbolc.
 - Artio's . 2014 ''

Il est également possible, comme le mentionne M. Régis Boyer sur Universalis , que cette célébrations se rapporte aux déesses mères et souveraines, gage d'abondance, de protection, de fertilité et de fécondité. 


File:Déesse mère deux enfants.jpg
déesses mères et deux enfants
''La nuit des Mères mentionnée par Bède et associée à la fête de jul (Noël) — c'est-à-dire au sacrifice rituel et saisonnier aux Alfes (álfablót) —, fête de la fécondité par excellence, serait alors ou bien une perpétuation ou bien une résurgence intéressante d'une attitude cultuelle aussi vieille que le monde nordique. Et, à l'époque où écrit Bède, dans le monde anglo-saxon plus ou moins coupé de la souche scandinave, il n'est pas interdit de chercher, derrière la nuit des Mères, un souvenir plus ou moins inconscient du culte autrefois voué à Frigg ou à Freyja, l'une et l'autre maîtresses de la fertilité-fécondité. ''  -Régis BOYER, « NUIT DES MÈRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 décembre 2017
Comme trop souvent, nous nous confrontons à la rareté des sources écrites, certaines, matériels... Que la tradition orale ne peut pas complément remplacer pour nous aujourd'hui. 

  

Soit le soleil – la Soleil serait mieux dire puisque ce vocable est féminin dans ces langues –, toujours bienfaisant et bienvenu sous ces latitudes. (...) Et Sol figurera au panthéon, certainement en qualité de dernier avatar de la Grande Déesse du Nord, ou Déesse Mère que cette religion, comme toutes les autres, a connue. - R. Boyer 


Ceci dit, les diverses fêtes de ce temps de l'année, toutes plus où moins liés au Solstice d'hiver, peuvent aussi être confondues dans le mouvement druidique contemporain... Tantôt la Nuit des mères est associée à la suite des célébrations de Samonios, tantôt elle est une célébration indépendante située en début décembre, tantôt elle est associé à Artuana Alba le solstice d'hiver et, finalement, tantôt elle est associée au rite de la cueillette du gui et, pour finir, tantôt elle est plutôt située durant l'été avant Lugunaisatis. 


Aussi, par exemple, du côté de la CIDECD Collège International d’Études Celto-Druidiques, on assimile la Modra Necht aux rites de la cueillette du gui tel que relevés par les écrivains antiques (je ne m'attarderai pas sur le sujet puisque se n'est pas celui de l'article). 

Résultats de recherche d'images pour « Modra Necht, nordique »
''D'après Marc Questin, auteur de La Médecine druidique (1990, nouvelle édition inchangée 1997), "Le gui est apporté par les oiseaux du ciel sur l'arbre dont il exprime la survie après la mort apparente qui suit la chute des feuilles et des fruits. Il représente la survie de l'âme après la mort, son travail pour préparer la Vie Future (au sein du Gwenved) et tend vers la lumière jusqu'au renouveau printanier qui exprime cette renaissance dans une même souche (la race, la famille, le sol de son développement). En révérant le gui cueilli en un jour faste, c'est l'Âme immortelle que révéraient les druides. On recueillait le gui dans un linge banc. La cueillette terminée, on sacrifiait de jeunes taureaux blancs.'' - Anne , 7 novembre 2016 . https://www.luminessens.org/
Sur son site web, Mme. Anne relève que :  
Selon René et Claudine Bouchet, auteurs de Rituels secrets des Druides d'aujourd'hui (Éditions Trajectoires 2008), "la boule de gui - le fruit de cette plante - arrive à sa maturité ; c'est pour nous le symbole de l'esprit réincarné puisque seul il vient à la vie après le sommeil hivernal. - Anne , 7 novembre 2016 https://www.luminessens.org/single-post/2016/11/07/Le-Gui-la-panac%C3%A9e-universelle
.....................................

Et puis l'Avent et Sainte-Lucie ? 

La Sainte-Lucie est probablement une adaptation d'une fête romaine antique vouée à la renaissance du ciel où de la lumière, les dites Saturnales, fête religieuse dédiée à Saturne, ainsi que Sol invictus, fête du feu et du soleil romaine. Cette fête a été christianisée par la commémoration de sainte Lucie de Syracuse qui apporta vivre et réconfort à des chrétiens au début du ive siècle, lors des persécutions du romain Dioclétien. Bien évidemment, Lucie est un dérivé du nom de la Lumière. Lug, Lugus, Lux, Luce, Lucie ... On est pas à un '' L '' près. Son nom est donc un dérivé du latin lux (Lumière). 

Luce , Lucie , Lux , Lumière , Soleil

Le choix calendaire de cette commémoration revient toujours à la renaissance de la Lumière, du soleil au cœur de la période la plus sombre de l'année. Dit-on qu'« à la Sainte-Luce, les jours croissent du saut d'une puce. » Il n'est donc pas étonnant que la Ste-Lucie se soit bien substituée aux célébrations de ce moment de l'année en Europe et particulièrement chez les peuples du nord. La renaissance de la jeune déesse solaire pour les nordiques à ce moment de l'année y est probablement pour quelque chose. L'image de la jeune fille vêtue de blanc couronnée de chandelles est ici plus que pertinente. Un autre rite donc qui peut très bien être confondu avec la Modra Necht nordique. 

En bonus, nous retrouvons plusieurs adaptation de la Ste-Lucie sur tout le continent européen et même en Amérique jusqu'à aujourd'hui. En exemple, voilà une incorporation tardive médiévale au folklore français de la fête de Noël : 
En Alsace, la célébration de la fête de sainte Lucie qui avait lieu le 23 décembre avant la réforme du calendrier grégorien en 1582, a probablement entrainé son incorporation dans le folklore de Noël à travers le personnage du Christkindel. Deux personnages accompagnent la visite du Saint Nicolas : le Père Fouettard (Hans Trapp, qui selon la légende représenterait le chevalier Hans von Trotha) qui fait la liste des mauvaises actions passées de l'enfant, et le Christkindel, une femme vêtue de blanc et qui porte une chandelle, qui liste les bonnes actions de l'enfant. Les deux débattent afin de décider si l'enfant est puni ou récompensé par des cadeaux. Le personnage du Christkindel est à l'origine du nom alsacien du Christkindelsmärik, le marché de Noël de Strasbourg. 
- Wikipédia 

Pour ce qui est de l'Avent, cette pratique aujourd'hui chrétienne qui compte les dimanches et semaines avant la célébration de la naissance (sic) de Jésus Christ tire probablement aussi sa source dans un rite calendaire antique. Bien entendu, nous savons en toute logique qu'in n'en est rien.


'' La Bible ne nous dit rien sur la période de la naissance de Jésus. Ce que nous savons, c’est que Jésus a été crucifié au temps de la Pâque juive (Jean 18 : 39). Qu’il avait environ trente ans quand Il a commencé son ministère (Luc 3 : 23) et que celui-ci a duré trois ans et demi. D’après ce calcul, Jésus pourrait être né vers le début de l’automne.''Jacques Serieys

Avec ça, n'oublions pas Saint-Nicolas qui est fêté le 6 décembre au grand plaisir des commerçants. Remarquez au passage que l'Immaculée Conception chrétienne se fête le 8 ou 9 décembre, date « supposée » de la conception de Sainte Marie. Les rites ne s'arrêtent pas là avec la suite de Sainte-Lucie le 13 décembre puis ensuite le Réveillon de Noëlle 25 décembre! Le mois de décembre est donc un mois chargé pour les chrétiens... Qui, gageons le, n'ont probablement qu'adaptés,  que recyclés et que récupérés ce qui se faisait déjà autrement dans les pratiques populaires au fil du temps... 

Chandelles et rites de l'Avent 


Ce moment de l'année est, nous le retiendrons, important pour son aspect de célébration du retour de la Lumière et de sa victoire sur les ténèbres. 
Ne dit-on pas que le Soleil = Granno , le Brillant, le Rayonnant, est le Grand Invaincu ?! 


En mot de la fin, sur le site de la Communauté des Druides du Québec, où il n'y a pas non plus malheureusement de mention de la Nuit des mères, on dite cependant que : 

''On pourrait symboliquement comparer le Solstice d’Hiver à la Vie qui se développe dans la Matrice sombre, le germe qui s’éveille dans la terre ou l’embryon dans l’utérus de la mère. (...)Dans le mythe celtique, la Déesse donne naissance à un enfant de la Lumière, l’Enfant qui apporte la Lumière au Monde. Le Cycle de la Grande Roue Cosmique est aussi le cycle de vie de cet enfant qui naît au solstice et qui meurt le 1er novembre, plongeant ainsi le monde dans la noirceur.'' -   le 27 août 2011

Merci pour votre lecture... et bonne célébration de la Nuit des mère| Modra necht .

Cleio Louernos


___


Bonus  : 




Eponalia, https://www.facebook.com/events/346243172514781/



Modra Netch , Solstice d'hiver et la Cueillette du Gui. 


mercredi 6 décembre 2017

Existe t'il un Druidisme contemporain ?



Pour Grégory Moigne, « il n'y a pas d'unité dans le mouvement druidique. La majorité de ces groupes comptent peu de membres, les dissidences sont légion, compte tenu des guerres d'ego et de pouvoir. Bref, c'est un joyeux fouillis ! ».
(...) 
D'ailleurs, à mon sens, le « druidisme » en tant que tel n'existe pas, il y a des druides, simplement. - Grégory Moigne ,   18 août 2016


Il s'agit d'un constat pour plusieurs qu'il n'y a pas une unité clairement définit dans ce que nous appelons toujours le Druidisme contemporain. Politiquement au goût du jour, on ne peut que saluer la diversité des diverses nébuleuses du Druidisme; alors que celles-ci ne se parlent pas toujours entre elles et en plusieurs langues différentes. D'un autre côté, il est parfaitement naturel de rechercher ce qui fait cohérence dans ce grand mouvement pour les uns et les autres tantôt spirituel, culturel, philosophique où religieux où encore le tout à la fois. 

Sans aller jusqu'à dire comme M. Alain Legoff que la société actuel cours à sa perte et vers une inéluctable catastrophe, faute est de constater les nombreux ratés de nos sociétés post-modernes et capitalistes (pour faire court) à bien servir l'être humain pour son plein épanouissement. Face à l’aliénation latente que nous vivons dans nos sociétés dégénérées qui nous empêches comme être humain de nous élever au-delà de notre condition, le mouvement Druidique se doit d'apporter des réponses aux nombreux défis du XXIe siècle. 

Ce dernier constat appelle à une réflexion claire de la part des druides et druidesses pour une meilleure convergence du Druidisme sur ce qu'il peut apporter d'hautement bénéfique à l'être humain. Cela ne peut se résumer à affirmer quelques idées aisées comme une meilleure paix d'esprit où encore une plus grande facilité à s'harmoniser avec la nature... Cela interpelle aussi une meilleure cohérence du Druidisme dans son ensemble à s'harmoniser sur le plan des idées, du calendrier, du festiaire, des sources mythologiques, des fondements spirituels, etc.        

Si cela est effectivement impossible et qu'il n'y a effectivement pas de Druidisme aujourd'hui, mais bien que des druides et druidesses... Cela revient à dire qu'il n'y a pas de communauté et seulement que des individus. Plutôt très néolibérale comme constat; et donc ce mouvement druidique faillit a dépasser les pièges dégénérés de notre société actuelle. Un beau fouillis en effet.

Je n'ais pas de réponse à cette question, je ne suis pas un Druide initié non plus. Simplement, cette division généralisée à l'intérieur même de nos obédiences druidiques ne peut qu'apporter à terme que son lot de dégénérescences maladives et l'impossibilité structurelle de répondre aux défis du XXIe siècle.  

Nous vivons encore à l'heure actuelle une fenêtre historique qui nous permet ce luxe de liberté de penser, d'agir et de nous organiser avec le moins de craintes possibles. L'Histoire nous apprends que ces fenêtres ne sont pas éternelles et que la Liberté, comme notre planète Terre, est au fond un joyau bien fragile ( - Emmanuel Kant ). 

Que l'AWEN, l'inspiration divine puisse toujours vous inspirer. 

Cleio Louernos



GWENC’HLAN LE SCOUEZEC était et reste le visage du Druidisme contemporain. L’auteur dans ce livre à chercher à montrer tant l’homme que le Grand Druide de la Gorsedd de Bretagne, loin des stéréotypes usuels. 
Cette bio de ce personnage incontournable et pourtant toujours méconnu de la culture bretonne est accompagnée d’une riche iconographie, d’une histoire du druidisme contemporain de 1717 à 1980 et de plusieurs documents inédits des archives du CRBC.






mercredi 8 novembre 2017

Mon auto-initiation : réflexion et rituel.


De l'initiation

'' Pourquoi veux-tu être initié ?''

À cette question, la réponse ne peut qu'être personnelle... Si tout ce qui existe conduit inévitablement au principe divin, (Tout ce qui est en Haut étant comme Tout ce qui est en Bas, Tout étant à l'Extérieur étant comme Tout étant à l'Intérieur) il n'y a aucune mauvaise réponse en soi si celle-ci s'inscrit dans une démarche d'élévation spirituelle et dans les plus hautes valeurs spirituelles.

Wikipedia  donne ceci comme déffinition de l'initiation : 
L'initiation (du latin : initiatio) est le processus par lequel un novice acquiert un statut social ou spirituel plus élevé par l'acquisition de connaissances ou l'admission aux activités particulières d'une communauté religieuse, d'une société secrète ou d'un groupe.  - Initiation — Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiation

J'ai personnellement recherché longtemps le groupe, la communauté. L'être humain étant un animal social et moi-même ayant une conscience sociale aiguisée, il me semblait cohérent de rechercher une communauté de pairs afin d'y être initié. Simplement, cette communauté je l'ai trouvé majoritairement grâce à l'Internet... et non en personne. 


Un druidisant au Québec. 
Le temps passe et le marcassin grandit, il expérimente et en absence d'un sanglier pour lui apprendre il doit se résoudre à apprendre par lui-même. Le CREDIMARos  « croyant » devient bien plus grand et pratique. C'est grâce à mes découvertes, mes contacts, mes ami-e-s et mes efforts au cours de ses dernières années que j'ai pu arriver où j'en suis aujourd'hui. 


D'ailleurs, je me dois de remercier au passage tout ceux et celles qui m'ont encouragés au cours de la dernière décennie.

J'ai eu mes premiers contacts avec le Druidisme au Québec et d'ailleurs il y a de nombreuses années en 2004 avec des groupes Yahoo paiens de l'époque où j'avais mon premier compte Hotmail. J'ai découvert le forum des Druides du Québec où j'ai pu avoir mes premiers contacts, entres autres, avec le Druide Boutios de la Kredenn Geltiek Hollvedel et de la Communauté des Druides du Québec. Abitibien, il m'a fallu attendre l'automne 2009 pour que je rencontre en personne ce réseau alors que j'étudiais à l'Université du Québec À Montréal dans la métropole québécoise. 

Avec quelques druidisant-e-s, j'ai pu créer en 2008-2009 un dit Cercle Druidique du parc La Fontaine qui nous a permis de partager de nos découvertes sur le druidisme. Ce cercle s'est transformé quelques années plus tard en Cercle druidique de l'Harfang et de l'Érable pour enfin finir en tentative de Journal web en 2016-17 dans l'objectif de donner une tribune à ceux et celles qui souhaitaient prendre la plume en ce 300e de la renaissance druidique. 

Finalement, je me suis joints à quelques druidisant-e-s, après une réflexion commune, à l'Ár nDraíocht Féin: A Druid Fellowship. L'ADF est une communauté de druidisant-e-s, enthousiaste, ouverte, écologiste, de notre temps, ... Pour moi c'est un bel accueil dans une communauté alors que l'initiation à distance n'est pas possible par la plupart des groupes de druides français (France) bien que l'amitié soit forte. 
Je me suis également joint au groupe d'étude de mes ami-e-s : 

Cercle d'étude celtique-druidique de Montréal : Datla canti petima uxa

Il s'agit d'un groupe sérieux qui demande de la volonté et de la participation. 

Les huit célébrations de l'année.

Mon rituel d'initiation druidique : 

Soyons cependant clairs que votre relation avec l'Éternité vous appartient d'abord et avant tout. L'intérêt de l'initiation, comme plein d'autres choses, ne peut que se retrouver dans ce qu'elle vous apporte pour votre croissance, pour le beau, le bon, le vrai. Pensons aux 9 dons, aux 9 vertues, aux 9 muses qui sont les filles de Belenos : 
Ogia - virginité, Glania - pureté, Karantia - charité, Uxellia - noblesse, Viriona - vérité, Aventia - droiture, Dagia - bonté, Lania - plénitude, et Lovania - joie. 

L'initiation ici présentée est effectivement d'abord vécue personellement; vous choisissez votre relation avec le divin. Dans cette optique, l'expérimentation et la recherche personnelle est bienvenue dans cet environnement non-dogmatique. Le point central insiste sur le développement de son AWEN et de sa croissance spirituelle propre. 

Maintenant, pour ma part, j'ai choisi la pleine lune de Samonios (temps de nouveaux départs, de fin d'année, de fin de cycle, alors que les forces de l'obscurité (Anti-dieux), les Uomorii, semblent gagner la Terre; les dieux se sont retirés pour préparrer la grande bataille à venir avec Lugus à leur tête) pour son attrait introspectif, de lien privilégié avec l'Éternité lorsque les frontières avec les mondes rappetissent et se touchent. La fraicheur du mois de Samonios, novembre, prend ses droits et les arbres perdent leurs feuilles. La Nature s'endort.

Automne = SUTREBos

Déclin du temps = DIEXCARon AMSERonos

Vieille saison = COTTos AMSERo
Saison morte = MARUos AMSERo
Arrière saison = DUEDon AMSERonos


Mon rituel c'est déroulé en deux temps, en fin d'après midi à mon arrivé sur les lieux et durant la nuit alors que la lumière de la pleine lune, la divine Belisama, brillait de mille feux.  

Début : purification, consécration, louanges
Mon arrivée sur les lieux au Lac Beauclair

Rencontre, purification, consécration, louanges.
L'arrivée sur les lieux n'est au fond que politesse : on s'annonce, on se rencontre, on se préssent, ...  Lorsque vous arrivez chez un inconnu il est naturel de se présenter et de dire ses intentions. 
C'est se que j'ai fait en arrivant à la rive du Lac Beauclair : au son du tambour on annonce son approche, on se présente et on salut et louange les esprits des lieux, les Matres, Materes des eaux du lac. Suit ensuite une offrande, une purification et consécration des lieux.  

Auentia : '' loyauté, droiture, inspiration'' 

pleine lune Samonios , Samain
Pleine lune de Samonios,  3890 M.T.
La lune brillait de mille feux, faisant fuir les forces malfaisantes, sous son regard je pouvais débuter mon rituel.
NOXs < NOXTs // NOCTs // NUXs (n.c.f.) « nuit » (période nocturne)
NUXUNNa (n.c.f.) « nuitée »

C'est à la nuit tombée que je me suis présenté à nouveau sur le lieu consacré l'après-midi. Je m'annonce à nouveau au son du tambour et dispose l'autel cérémoniel avec le feu sacralisé au centre, le feu divin du sacrifice Aedis. 
Je partage avec vous mon ''ordre du jour'' de mon rituel : 
1- Arrivée et Ouverture (p.s : notez que la purification et consécration ont déjà étées fait. )
2- Bénédiction et Salut à Aedis, allùme le feu sacré
3- Chants et prières d'ouverture 
4- Déclaration de la Paix aux quatre directions, appels des dieux
5- Rituel de la Sphère de Protection 
6- Déclaration d'intention, de mon auto-initiation 
7- Dire la ''Prière des Druides''
8- Salutation à mes Ancêtres, Partage et Demande de bénédiction
9-  Invocation de mon dieu et de ma déesse préféré : Belenos et Belisama
     Prières , Louanges et Développements
10- Libations, Sacrifices et Saluts et Honneurs aux Divinités
11 - Glorification des divinités et Offrandes
12- Recuillement
13 Remerciements et Fermeture


P.S : Pour la tenue sacrée, la température était plutôt 0 à 3 degré celsius uniquement, les couchent suplémentaires sont optionnelles, mais le gars avait froid donc... 

P.P.S : Bien sur, je suis disposé à vous répondre si vous voulez des détails sur certains points. 

Parc de Gatineau
La beauté du lac au lendemain matin. 

Merci de votre lecture.


SUDAGOS ARE SUIS BUET    « que le bien soit sur vous » 

Cleio Louernos

Three ray of light
AWEN














Sources d'inspirations :

- New Candidate Guide, AODA

- revue Message, Groupe Druidique des Gaules

- Écrits de John Michael Greer

-

Tadhg MacCrossan , The Sacred Cauldron: Secrets of the Druids , 1991


- Druuidiacto forum

- écrits de l'OBOD

- écrits de la Kredenn Geltiek Hollvedel

-  Bref historique du néo-druidisme québécois https://www.facebook.com/druidesqc/posts/10153310337609439


mercredi 1 novembre 2017

Sur le culte des ancêtres et des crânes


Sur le culte des Ancêtres, des Crânes et Samonios


" Tous les Gaulois se prétendent issus de Dis Pater : c'est, disent-ils, une tradition des druides. En raison de cette croyance, ils mesurent la durée, non pas d'après le nombre des jours, mais d'après celui des nuits ; les anniversaires de naissance, les débuts de mois et d'années, sont comptés en faisant commencer la journée avec la nuit." 
- Jules César Guerre des gaules VI-18

Dis Pater (romain) = Dits-Ater (gaulois), face terrible d'une divinité sombre, de la nuit, de la mort issu du Dagodeuos.



Aborder une question aussi vaste en ces temps de Samonios me paraissait de circonstance en lien avec la fin de la commémoration du 300e de la dite renaissance druidique. Nous prenons le temps traditionnellement à Samonios de remercier et de saluer nos défunts, nos ancêtres et, bien sûr, les personnages illustres qui ont fait avancer notre société; ici, pour le 300e, les celtomanes qui ont refondé le druidisme dès 1717. Écrire un article sur l'attestation et l'enracinement antiques du culte des ancêtres et des crânes en quelques pages sera ardu et j'espère que vous en apprécierez cependant la lecture.

D'abord, afin de bien comprendre comment on peut retrouver des traces des pratiques chez les celtes antiques, il faut se baser sur les recherches scientifiques, linguistiques et archéologiques toujours en cours. Pour pouvoir analyser ce que nous avons comme résultats, il faut par contre comprendre la tripartition indo-européenne de la société celtique. Les traces les plus abondantes et évidentes qui ont été retrouvées proviendraient de la 2e fonction sociale, donc de la classe guerrière. De par sa position dans l'organisation tri-fonctionnelle de la société celtique, la classe royale et guerrière a largement et d'abord utilisé le culte des ancêtres pour établir et légitimer sa position et sa domination sur la troisième classe laborieuse celtique. Dit-on communément, il n'y a pas de trace de culte des ancêtres chez les druides, c'est-à-dire chez la première fonction, soit la classe sacerdotale celtique. Pourtant, l'absence de traces archéologiques ne dément pas absolument de nier en bloc la possibilité de ce culte. Bien sûr, les druides n'ont pas laissé de traces de leur doctrine... Cependant, les nombreuses traces de sacrifices sur les lieux d'autels attestés démontrent sufisamment la présence d'un culte des crânes, que ceux-ci soient animaux ou humains, plus rarement, et de moins en moins présents voire absents vers la fin du 1er siècle avant J.C. Comme nous le savons, les seuls qui pouvaient officier les sacrifices sont les druides.

Les traces démontrent que tout le reste de la société celtique pratiquait ce culte. Si pour la classe guerrière le culte était public : crânes cloués sur les murs, les portiques de la ville, les temples, etc..., un culte similaire devait exister en privé chez les gens du commun. Ainsi, plusieurs autels dits privés ont été localisés... et seraient associés aux terres d'anciennes fermes gauloises. Donc pas très ''royale ou guerrière '' comme position. 

Ainsi, en bref, nous avons des traces attestées d'un culte celtique des crânes pour la classe guerrière : un culte des ancêtres, des personnages illustres de la société, royaux sans doute au premier chef, et finalement des ennemis illustres tués au combat et dont les crânes étaient exposés publiquement. Le crâne devenu ''artéfact plus ou moins sacralisé'' était un objet de prédilection dans l'espace domestique ou public et était montré avec fierté aux visiteurs.
(voir J.J. Hatt, Mythes et Dieux de la Gaule)

''Les têtes de ces ennemis les plus illustres, après les avoir
enduites d'huile de cèdre, ils les gardent avec soin
dans un coffre à provision et ils les montrent aux
étrangers, se vantant que pour l'une de ces têtes
son père ou l'un de ses ancêtres ou lui-même n'ait
pas accepté la somme qu'on lui proposait. On dit
même que certains se vantent de n'avoir pas
accepté pour l'une de ces têtes son poids équivalent en
or, montrant par là une grandeur d'âme, bien
propre aux Barbares.»
XIV, 115 :
(À Rome, lors du siège du Capitale) : «Les Celtes le
premier jour achevèrent de couper les têtes des
ennemis morts suivant la coutume de leur nation.»
Visage de la mort et du mort en Gaule celtique ou la philologie et l'archéologie peuvent-elles faire bon ménage? Jean Louis Brunaux, p. 267,  http://www.persee.fr/docAsPDF/pica_0752-5656_1998_num_1_1_2284.pdf


Voici à titre d'exemple d'observations archéologiques : 

''Dans le premier cas, il s'agit d'un véritable porche monumental, muni probablement d'un étage et couvert d'un toit. C'est là qu'étaient entreposés des milliers d'armes formant trophée qui furent découvertes effondrées, de part et d'autre, dans le fossé. Parmi ces armes figuraient également des pièces de char, ainsi que des crânes de bovidés et des crânes humains probablement utilisés à des fins de décoration. Il est évidemment tentant de voir dans un tel bâtiment ce que pouvait désigner dans le texte de Strabon12 l'emploi curieux du mot «propulaioi », auxquels précisément les Gaulois fixaient les crânes de leurs ennemis vaincus.'' Les sanctuaires celtiques de Gournay-sur-Aronde et de Ribemontsur-Ancre, une nouvelle approche de la religion gauloise Monsieur Jean-Louis Brunaux SANCTUAIRES CELTIQUES ET RELIGION GAULOISE, p. 573

(...)

''Les boîtes crâniennes n'ont pas été retrouvées, ce qui suppose peut-être qu'elles étaient considérées comme des sacra d'un autre ordre. La pratique celtique consistant à fixer aux temples ou aux portes des maisons les crânes coupés aux ennemis tués est bien décrite notamment par Diodore de Sicile et Strabon qui ont recopié l'un et l'autre un passage dû, selon toute probabilité, au Livre XXIII des Histoires de Posidonios. Les découvertes de Gournay apportent des précisions supplémentaires. Il a été, en effet, découvert à proximité du porche d'entrée six rondelles osseuses taillées dans l'occipital tout autour du foramen magnum ou trou occipital. Ces pièces témoignent d'une volonté d'agrandissement de ce trou occipital, nécessité soit par le nettoyage de l'intérieur de la boîte crânienne sans risque d'endommagement de celle-ci, soit par le passage d'une pièce de fixation, pieu de bois par exemple. La découverte de pièces similaires encore associées aux boîtes crâniennes sur le site proche de Montmartin nous fait plutôt pencher pour la première hypothèse18. Quoi qu'il en soit, il est remarquable que ce travail a été effectué sur des têtes encore fraîches et sur le lieu même de leur exposition. Il s'avère ainsi — et les découvertes de Ribemont que nous allons évoquer plus loin le confirment amplement — qu'il y avait deux types de traitement du corps de l'ennemi, l'un qui se faisait sur le champ de bataille, l'autre sur le sanctuaire. Le premier est décrit par Diodore. Dans ce premier cas la tête revient au guerrier vainqueur qui en fait sa propriété personnelle. Dans le second cas, c'est le corps entier qui devait être ramené au sanctuaire et qui était dépecé sur place. A Gournay une soixantaine d'os révèlent qu'au moins une douzaine d'individus ont subi ce sort. Une clavicule découpée à grand renfort de coups de couteau indique encore que le dépeçage à eu lieu non loin de ce même porche d'entrée. '' Les sanctuaires celtiques de Gournay-sur-Aronde et de Ribemontsur-Ancre, une nouvelle approche de la religion gauloise Monsieur Jean-Louis Brunaux,  http://www.persee.fr/docAsPDF/crai_0065-0536_1997_num_141_2_15761.pdf    p. 584

Sur le symbolisme du crâne :

Celui-ci devient tantôt un trésor et un symbole de fierté familiale et clanique, tantôt un trophée de guerre et tantôt une coupe sacrificielle dont le guerrier pouvait faire sienne la force de l'ennemi vaincu. Un peu comme chez les cultes des peuples de chasseurs, on pense faire sienne l'énergie vitale de l'animal chassé en l'ingérant, en lui rendant hommage et en exhibant son crâne publiquement. 

À propos du symbolisme du crâne chez nos illustres ancêtres, je vous propose ici-bas quelques sources : 

Dans le Dictionnaire des Symboles de Chevalier et Gheerbrant : 
'' Le crâne, siège de la pensée, et donc du commandement suprême, est le chef (...) expression de l'esprit et de l'intelligence de Dieu, son avatar microcosmique, le cerveau humain, forme de l'Oeuf cosmique et comme lui matrice de la connaissance. '' p. 307 

''2 Août 2010

Le symbolisme du crâne

Résumé :
Le crâne (CRâNe) se trouve au sommet du squelette. C'est la partie impérissable du corps. Il est le siège de l'âme, sa demeure, son véhicule, tout comme la grotte, la CaveRNe et le CaiRN sont des demeures de l'Esprit. Le crâne est donc réceptacle de vie, mais il symbolise aussi la mort physique, par laquelle il faut passer pour renaître à un niveau spirituel supérieur.
Dans les légendes européennes et asiatiques, le crâne humain est un homologue de la voûte céleste. Il est une caverne en miniature (voir ce mot) qui, elle-même, est une représentation en miniature du Ciel.
On observe le culte des têtes coupées, chez les ligures et les celtes. Dépouillée de sa CaRNe, la tête devient un CRâNe. Le culte des crânes est à rapprocher de celui des ancêtres. Le crâne-trophée représente la supériorité du chasseur sur l'animal, ou du guerrier sur son ennemi. Retourné, il peut servir de coupe dans certains rituels.''


Pensons aussi à Kernunnos qui est représenté souvent avec un crâne de cerf. 
Dit dieu au crâne de cerf ("dieu au bois de cervidé")

Pensons aussi au crâne d'Ymir le géant primordial islandais dont le crâne deviendra la voûte du ciel.  

À propos du culte des ancêtres 

''Selon les régions et les époques, le culte des ancêtres revêt deux aspects différents, suivant qu'il s'adresse à l'ensemble des ancêtres ou à un héros particulier : ancêtre mythique, dispensateur des éléments de culture, organisateur des institutions sociales. Se rattachant à un culte encore plus répandu, celui des morts, il a pour objet de faire du trépassé (et, souvent, de l'ensemble des trépassés) l'intercesseur (ou les intercesseurs) des vivants auprès de la divinité et de rapprocher les uns et les autres comme si la mort n'avait pas causé la moindre brisure. ''
- Universalis.fr ,culte des ancêtres, https://www.universalis.fr/encyclopedie/culte-des-ancetres/

Au mois d'octobre-novembre les temps de Samonios sont un moment privilégié pour rendre hommage à ses ancêtres, leur parler, leur faire ses bons souhaits et demander leur soutien à soi et à sa famille.  
Samonios, c'est un temps parfait pour se recentrer sur soi-même, sur ses origines intimes. Vouloir se commémorer et rendre grâce à ses ancêtres est naturel chez l'être humain, d'où tous les cultes des ancêtres attestés partout dans le monde antique et pré-antique. C'est aussi le temps du nouvel an celtique, un moment privilégié aussi pour faire une pause et méditer sur les expériences de l'année qui se terminent et sur ses aspirations pour l'année à venir. Durant toute la saison sombre, nous sommes ainsi invités à nous régénérer et à nous purifier jusqu'au retour de la saison claire.

Les nuits de Samonios , selon le Druide Auetos : 

''Avec la moitié noire du miđ samon et plus particulièrement les 2, 3 et 4ème jours de l’atenouxtion nous arrivons à une époque très solennelle qui se trouve dédiés par les credimaroi à la mémoire de leurs morts. Quels que soient le jour, la quinzaine, le mois où de proches parents ont pu disparaître, leur trépas est commémoré durant les Trinoxtion samoni « Les trois nuits de retrouvaille [avec les Pères] ». 
Elles débutent le 2ème jour de l’atenouxtion du miđ samon-, soit lors du dernier quartier de lune quand le soleil est dans le signe du Crucos (Scorpion ), signe de Dits-Ater, le Père-destructeur dont les Celtes se disent issus.
Ouvrant la saison hivernale, la couleur symbolique de Samonios est le blanc. Le blanc du Nord, de la mort, qui absorbe l’être et l’introduit au monde lunaire et froid. C’est la couleur du deuil, du linceul, de tous les spectres et de toutes les apparitions. C’est la couleur des revenants, donc le l’Autre Monde.
Samonios est une fête d’obligation, à l’universalité contraignante, et une telle fête se célèbre dignement.
« C’était l’époque où les Ulates étaient dans la plaine de Murthemne et ils tenaient l’assemblée de Samain chaque année. Il n’y avait rien au monde qui n’était fait par eux à cette époque, si ce n’étaient des jeux, des réunions, pompe et magnificence, bonne chère et banquet. C’est de là que viennent les trois jours de Samain dans toute l’Irlande »
« …Tout homme des Ulates qui ne venait pas lors de la nuit de Samain à Emain perdait la raison et l’on dressait son tumulus et sa pierre le lendemain matin »
La fonction essentielle de cette assemblée est d’être une intermédiaire entre le monde humain et le monde des morts. A cette date l’autre monde est partout présent et on y accède encore bien plus vite si l’on se réunit là où il a coutume de se manifester, dans les endroits consacrés. L’éternité n’est pas non plus le lot normal des humains et, quand ils participent, il faut bien que quelqu’un les y aide. C’est à cette fin que les gens du Sedon viennent sur terre et que les druides les laissent faire. (...) ''
- Les nuits de Samonios, Forum DRUUDIACTO, réponse d'Auetos Druide C.C.C.
Le dernier chapitre est très intéressant étant donné que nous savons que les druides croyaient en l'immortalité de l'âme, à sa transmigration en vu d'une réincarnation. Ainsi, notre corps incarné dans la matière nous donne des limites, et ces limites, même dans le rituel, nous empêchent de nous connecter totalement à l'éternité. Les temps des Trinoxtion samoni sont ainsi un moment privilégié durant le cycle annuel afin de demander l'appui des esprits et âmes de nos ancêtres. Le culte des ancêtres serait également lié intimement à la croyance en l'immortalité de l'âme et à la réincarnation : 
''En effet, la croyance en l'immortalité de
l'âme dont, par exemple, on a pu reconstituer les
éléments de son apparition et de son cheminement
en Grèce ancienne, ne peut se développer sur
n'importe quel terreau. Comme l'a montré Erwin Rohde
(Rohde 1928), ce n'est pas le culte des âmes des
ancêtres qui a pu la faire naître. «La persistance de
la vie de l'âme, que le culte de celle-ci suppose et
garantit, est absolument liée au souvenir de ceux
qui lui survivent sur la terre, aux soins, au culte
qu'ils vouent à l'âme de leurs ancêtres. Si le
souvenir s'évanouit, si les soins pieux des vivants se
relâchent, l'âme du défunt est privée de l'élément qui,
seul, lui assurait encore un semblant de vie(p. 264).»''

-Visage de la mort et du mort en Gaule celtique ou la philologie et l'archéologie peuvent-elles faire bon ménage ? Jean Louis Brunaux .  http://www.persee.fr/docAsPDF/pica_0752-5656_1998_num_1_1_2284.pdf , p.259

On dit  culte et c'est dans le rituel et les gestes pieux que l'individu et sa famille peuvent assurer la persistance du bon souvenir des défunts de leur famille et de leur communauté pour faire persister leur mémoire et héritage. Il faut ''nourrir'' en quelque sorte ses ancêtres afin de leur permettre un meilleur contact, comme un ''pont'' que nous devons entretenir tous les jours entre leur demeure de séjour dans l'au-delà ( selon la transmigration de leur âme ? ) et notre monde des vivants.
Au-delà des simples considérations de prestiges et d'honneurs pour le clan familial, le lien intime ici entre l'individu et ses ancêtres doit également le rendre plus fort mentalement et plus apte à vivre sa vie selon la triade druidique : Faire le Bien, Horoner les dieux et Pratiquer le Courage. Aujourd'hui, le rituel quotidien aux ancêtres est d'autant plus pertinent que notre société  moderne tend au déracinement des individus et à leur aliénation culturelle et spirituelle et ce, peu importe leur origine...
Cleio Louernos

Source : Jean-Jacques Hatt , Mythes et dieux de la gaule 1.  


====

Vidéo d'intérêt sur Youtube : 

Europe-Crânes – Icône. Mythe. Culte


https://www.youtube.com/watch?v=LWXHE2V9yR4

L’exposition « Crânes – Icône. Mythe. Culte. » englobe près de 150 crânes et têtes d’humains provenant de toutes les civilisations depuis le Paléolithique en passant par l’Egypte ancienne à nos jours

Bannière

Messages les plus consultés